René Wirths
I Can't Get No


René Wirths
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René Wirths

René Wirths, Headphones, 2023

L’artiste berlinois n’est pas à sa première démonstration d’appropriation d’une œuvre de la peinture classique. Son Fifre (after Manet, 1866), 2024, en est un brillant exemple de sa peinture, qui est présenté à Bruxelles avec une douzaine de tableaux. La précision de son dessin et de sa composition finale ne laisse rien deviner de sa facture. Il structure le modèle (Manet) avec des lignes, à la manière de Dürer, pourrait-on dire… et construit son Fifre, avec des formes cubiques, en volumes, avec des transparences de couleurs acidulées (le tableau de Manet est au musée d’Orsay).

René Wirths (Né en 1967 à Waldbröl, Allemagne Vit et travaille à Berlin, Allemagne) a jeté également son dévolu sur le genre de la nature morte en renouvelant à sa manière le corpus : soit, les éléments traditionnels que les maîtres anciens utilisèrent dans les œuvres symboliques des « Memento mori », en introduisant des éléments de la vie quotidienne tels qu’une basket, un casque audio, un spray… qu’il débarrasse de leurs attributs les plus visibles, les plus significatifs, de leur revêtement initial, en les transposant par son style aérien. Nous avons l’impression ici que les peintures sont volumes, telles des sculptures qui sont collées au mur. Ces images reflètent d’une certaine manière notre présence au monde, entourée d’objets de toutes sortes, lesquels cohabitent avec notre quotidien. Mais il y a aussi ses références à Caspar David Friedrich, entre autres sujets, le tableau emblématique : Le voyageur contemplant une mer de nuages (1818). Un ensemble de peintures traité à la manière du pop art, de l’hyperréalisme détourné, dans une sorte de silence qui effraie les espaces infinis ! L’artiste précise sa pensée : « Je me libère enfin de ce processus qui me contraint à refléter le monde extérieur uniquement tel que je l’observe » (…) « J’ai développé un nouveau vocabulaire, davantage intérieur, inspiré de mes lectures, musiques, discussions. Mon sujet change : je me permets de mettre en scène mes grands maîtres de l’histoire de l’art, à travers une nouvelle perspective, affranchie de l’univers matériel qui m’entoure ».

N’oublions pas que le titre de son exposition est : « I Can’t Get No »… en référence à la chanson des Rolling Stones. Les œuvres de René Wirths distillent de la fraicheur, une certaine poésie et une réflexion sur le temps qui passe. A voir.
 
Partick Amine
Bruxelles, fèvrier 2025
 
René Wirths, I Can't Get No, jusqu'au 1 mars 2025.
Galerie Templon, Bruxelles, 13 rue Veydt, 1060 Brussels, www.templon.com
Visuels : © Courtesy Templon, Paris/Brussels/New York, Eric Tschernow

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